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Hirudothérapie

La thérapie avec les sangsues

Pour la petite histoire

Partout dans le monde, la sangsue est utilisée depuis la plus haute antiquité (3500 ans av. J.-C) à des fins thérapeutiques. Elle présente l’avantage de cumuler les effets des ventouses et des scarifications. Le traitement par les sangsues offre souvent plus de chance de guérison en moins de temps que ce que propose d’autres pratiques thérapeutiques.

Le mot sangsue est d’origine latine. Sanguis = sang


Ces jolies p’tites bêtes

Les sangsues font partie de l’embranchement des annélides (comme le ver de terre). Elle peuple les eaux stagnantes. Sa durée de vie est d’une vingtaine d’années. Elles aujourd’hui en voie de disparition en raison de la raréfaction des mares et du déclin de la population des grenouilles, l’un de ses hôtes en liberté. Il en existe plus de 700 espèces. En Europe, nous utilisons en hirudothérapie la sangsue européenne : Hirudo medicinalis. La variété peut changer selon les différentes cultures. Ces espèces nous intéressent grâce aux propriétés médicinales de leur salive.

  • Sa petite bouche se compose de 3 mâchoires de 70 petites dents acérées chacune, permettant de s’attacher et de mordre jusqu’à 1.5 mm de profondeur, laissant une blessure en forme de Y dont les bords mesurent 1mm de long.

  • Un grand nombre de glandes salivaires unicellulaires s’ouvrent dans la bouche, permettant la sécrétion de substances actives dans la plaie.

  • La sangsue est un animal hermaphrodite. La reproduction s’effectue donc par fertilisation mutuelle. Elle dépose des cocons pouvant contenir jusqu’à 30 œufs chacun. De 1 à 8 cocons peuvent être pondus par semaine dont l’éclosion surviendra entre 3 à 6 semaines plus tard, en fonction de la température des eaux.

  • Il faut 100 jours de jeûne afin que les glandes salivaires de la sangsue soient pleines de ses substances thérapeutiques.


La sangsue et le sang

Elles se nourrissent de sang de mammifères, de reptiles ou d’amphibiens (principalement la grenouille). Elle va choisir son hôte en fonction de sa chaleur, ses mouvements, son odeur. Sa ration complète de sang équivaut à 6 à 11 fois son poids initial et son repas dure entre 20 et 50 min. Sa digestion peut durer une année en prenant soin de mettre un antibiotique naturel dont elle dispose dans son estomac pour y éviter des infections dues à la putréfaction du sang stocké. Elle respire par échanges gazeux à la surface cutanée.


L’effet thérapeutique

Dû à la salive de celle-ci (qui fait l’objet de nombreuses recherches) et au saignement continu de la blessure après morsure pouvant aller jusqu’à plusieurs heures.

Le principe de laisser saigner est important pour éliminer le vieux sang pour forcer le corps à en refaire, pour stimuler le système immunitaire, pour laver les humeurs, pour réparer, pour éliminer les toxines.

Le stimulus provoqué par une blessure induit habituellement chez l’hôte une réaction inflammatoire locale avec un afflux de leucocytes. Ceux-ci pourraient déverser des enzymes dégradant l’hémoglobine. La sangsue doit donc disposer de moyens de bloquer le stimulus pour diminuer l’inflammation locale et de synthétiser des anticoagulants permettant de maintenir le sang fluide durant l’ingestion puis la digestion.

La morsure est quasi indolore. On ressent comme une sorte de picotement.

La salive

L’hirudine est un anti-thrombotique puissant. Elle n’interfère pas avec la synthèse des facteurs de la coagulation. Cette substance est lavée après 15 minutes de saignement, ce qui induirait le début de la cascade de coagulation si la sangsue ne produisait pas d’autres substances secrétées sans la salive afin de prolonger le temps de l’écoulement du sang.

L’apyrase, du collagène, de la decorsine, un vasodilatateur sous forme d’anti-histaminique des acides aminés, des protéines, des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des analgésiques, de l’égline, de la kininase, de l’apyrase, la caline, la saratine, la bdelline A&B, l’irustatine, de la sérotonine, antihistaminique, etc. Toutes ces substances sont présentes dans sa salive.

La sangsue possède plusieurs glandes salivaires et ellle les utilisera en fontion des besoin de son hôte. Une morsure de sangsue engendrera des effets secondaires plus marqués au printemps.


Les complications suite d’un traitement avec une sangsue

  • La persistance des micros-dents dans la plaie lors d’un retrait traumatique : infection

  • La régurgitation de la sangsue de son contenu intestinal (renfermant des bactéries) : infection

  • Saignement important au site d’application : chute rapide de l’hémoglobine : compression

  • Sans surveillance de la sangsue, elle peut se promener : attachement à sur un autre emplacement

  • Un éventuel gonflement des voies aériennes : réaction allergique

  • Prendre en compte l’aspect psychologique du patient : Les sangsues impressionnent parfois.


Les traitements

  • Système locomoteur/douleurs :

Inflammations, douleurs lombaires, arthrose, arthrite, fibromyalgie, entorses, tendinite, problèmes articulaires, suite de fractures, hématomes profonds, kystes, lombago, cicatrices douloureuses

  • Maladies

Pneumonies, cholestérol, migraine, maladies de la peau, troubles circulatoires, hypertension, varices, acouphènes, varices, acouphènes (sous réserves), diabète, jambes lourdes, aménorrhée, dysménorrhée, hémochromatose (excès de fer dans l’organisme), augmentation du succès des greffes de tissu, thrombose, trijumeaux, ulcère, vertiges...


Contre-indications absolues

Cancer, troubles de la coagulation héréditaire ou acquise, anémie sévère, patients immunosupprimés ou ayant reçu une greffe/transplantation, grossesse, fort terrain allergique, difficulté à cicatriser, maladie infectieuse, pas de traitement avec les sangsues 4 semaines avant et 4 semaines après un vaccin (stimulation immunitaire).


Contre-indications relative

Patients sous traitement avec de l’acide acétyl-salicylique (aspirine, plavix) ou anti-thrombotique. Ces médicaments ne doivent pas être pris 2 jours avant le traitement et être repris uniquement après l’arrêt des saignements et présentant un certificat du médecin traitant. Patients ayant des troubles de la cicatrisation et tendance aux chéloïdes.

Effet secondaires fréquents

  • Locales : rougeur, gonflement, prurit, démengeaisons qui durent en principe 3 jours en moyenne (appliquer de l’huile essentielle de lavande si trop désagréable, ou de l’huile végétale de calendula).

  • INTERDICTION DE GRATTER : peut entraîner des infections.

  • Etourdissements

  • Adénopathie (genglions enflés durant 3 jours)

  • Petites marques

  • Petits hématomes ou petites zones dures pouvant disparaître et réapparaître.

  • Douleurs locale (signe d’une bonne réaction au patient au traitement)


Effets secondaires plus rares

  • Inflammation plus étendue

  • Petite cicatrice

  • Plaie qui peine à se refermer

  • Infection de la plaie si le patient s’est gratté, attention à la septicémie

  • La sangsue a mordu sur la veine et elle peut s’enflammer quelques jours

  • Petites cloques remplies de lymphe


Conseils aux patients

  • Protéger le matelas le soir du traitement. Venir en habits qui ne soient pas dommages, confortables.

  • Pour les traitements aux pieds, se faire accompagner car il sera difficilement possible de conduire dû à l’épaisseur importante du pansement.

  • Me contacter en cas de questions sur les signes qui vous poseraient problèmes après le traitement.

  • Manger un bon repas avant de venir recevoir le traitement par les sangsues.

  • Ne pas mettre de parfum, de savon/lessive trop odorants, de produit après rasage.